vendredi 28 décembre 2007
Petit-dejeuner avec notre ami Asif
Parce que cette video illustre parfaitement la prevenance constante de nos hotes et me rappelle les bons moments passes avec Asif a Gilgit...
Gilgit - Pakistan du Nord
Arrives a Gilgit, au Nord du Pakistan, les invitations pour nous heberger fuserent de partout. C'est finalement chez Asif, que nous nous installames. Sa famille nous accueillit comme des rois: on nous ceda la chambre des soeurs, et l'on fut copieusement nourri a longueur de journee. Durant les 3 jours que nous passames chez Asif, jamais nous ne fumes autorises a debourser un penny. Chaque trajet en taxi, chaque repas a l'exterieur, fut donc systematiquement a sa charge. Nous ne savions plus quoi inventer pour payer les additions. Asif est l'aine de sept enfants : trois freres et quatre soeurs, aussi gentils les uns que les autres. Leur pere est directeur d'ecole, tandis que la maman veille merveilleusement au confort de la famille. Tout ce petit monde vit sur trois pieces sobres - l'une pour les parents, l'une pour les filles, l'autre pour les garcons. On dort a meme le sol, sur des couvertures et la toute petite cuisine, unique piece chauffee, fait office de piece commune. Tous les matins, on petit-dejeune tous ensembles d'oeufs au plat, de galettes de pain sans levain, et de the au lait avec du sel. Jamais je n'ai vu autant de gaiete dans un foyer.

La famille d'Asif appartient a une minorite musulmane tres presente dans la region de Gilgit - les Ismaeliens. Cette branche moderee de l'islam a pour chef spirituel l'Aga Khan et nous a permis de decouvrir une autre facette de l'islam. Chez eux, l'acces de la salle de priere est ouvert aux femmes comme aux hommes, ils ne pratiquent pas le Ramadan et prient, non cinq, mais trois fois par jour. Par ailleurs, ils prient assis, sans genuflexions, contrairement aux Sunnites et aux Chiites; ils prient, non dans des mosquees mais dans une salle de priere; ils peuvent boire de l'alcool. La plupart fument aussi, mais discretement. Enfin, ils veulent a tout prix la paix. Nous fumes convies chez nombre de familles Ismaeliennes a Gilgit et tous m'ont exprime dans des mots tres touchants leur aspiration a la paix et leur desepoir d'etre confondus avec certains Musulmans extremistes.

Notre sejour a Gilgit fut l'un des points culminants de notre sejour au Pakistan, tant il y eut de bonte demontree a notre egard. Amalgir, que nous avions rencontres dans le bus, fit meme trois heures de route pour nous retrouver a Gilgit et nous offrir un repas dans un petit fast food local. Il fois qu'il nous eut gave d'hamburgers et de pizzas, il regla l'addition, visita la ville avec nous puis nous fit des adieux chaleureux, avant de reprendre la route pour trois heures et rentrer chez lui. Nous fumes totalement ebranles par ce geste. A cet instant precis, nous primes la decision de prolonger notre sejour au Pakistan.
The Karakoram Highway
Pour quitter la Chine et rejoindre le Pakistan, on emprunte la celebre route du Karakorum (Karakoram Highway ou KKH), plus haute route asphaltee du monde, dont la construction couta la vie a pres d'un millier de personnes. Courant sur pres de 1300 km de Kashgar (Xinjiang) au Pakistan, la route demanda 20 ans d'efforts avant d'etre achevee. Nous quittames donc Kashgar dans un bus pakistanais, depourvu de chauffage et a moitie vide. Autant vous dire qu'a de telles altitudes, un systeme de chauffage hors d'usage vous met serieusement a l'epreuve. Tout le monde se protegeait tant bien que mal du froid, en s'enroulant pour certains, dans des couvertures, pour d'autres, dans de bons sacs de couchage (vous vous en doutez, c'est bien de nous qu'il s'agit... ;-).
Nous reprimes donc le meme chemin que celui que nous avions emprunte quelques jours plus tot pour nous rendre au Lac Karakol. A la fin de la journee, le bus atteint Tashkurgan, le poste frontiere chinois et s'y arrete pour la nuit. Du coup, les passagers aussi... La dizaine de Pakistanais qui se trouvait dans le bus continua de nous prendre sous son aile pour nous mener a l'hotel local - rivalisant de gentillesse. Nous ignorions encore que durant toute notre traversee du Pakistan, ce serait toujours ainsi.
Le lendemain matin, nous commencions a Tashkurgan les formalites administratives et douanieres mais elles passerent tres vite. En revanche, notre depart fut ralenti par le chargement des bagages de nouveaux occupants dans le bus, desormais plein a craquer. Il faut savoir que quantite de Pakistanais empruntent la KKH pour se rendre en Chine et y acheter des produits chinois qu'ils revendent une fois chez eux. Le toit du bus est donc surcharge de lourds sacs de toile qui s'accumulent pour former une impressionante montagne.

Apres la traversee du plus haut point de la route - le col de Khunjerab - qui culmine a 5000 metres, on atteint enfin Sost, le poste frontiere pakistanais. Sur place, nous pumes faire faire nos visas sans aucun probleme alors que nous redoutions le contraire avant le depart. Le douanier en chef m'installa confortablement dans son bureau pour converser tandis que nos visas etaient en cours de preparation, nous abreuva de compliments et poussa meme la grace jusqu'a nous proposer du the et de quoi nous restaurer. Avions-nous besoin d'autre chose? Un visa d'un mois nous suffisait-il ou avions nous besoin de plus? Nous n'en revenions pas de tant de prevenance... Le Pakistan allait nous reserver encore bien des surprises de ce genre.
Edit: L'album comprenant les photos du Lac Karakol et de notre trajet sur la KKH est en ligne. Soyez indulgents pour les photos prises de l'interieur du bus. J'ai fait de mon mieux pour retransmettre le spectacle.
Changement de programme
Ce n'etait pas prevu. Pour rejoindre l'Inde, nous passerons par le Pakistan au lieu du Tibet et du Nepal et ce, pour plusieurs raisons. D'abord, parce qu'il fait froid et qu'au Tibet et au Nepal cela ne risque guere de s'arranger. Ensuite, parce que nous manquons de temps. Enfin, parce que rejoindre le Tibet depuis Kashgar est une operation de haute voltige qui demande temps et argent, tandis que la frontiere pakistanaise est toute proche de nous. Malgre l'etat d'urgence au Pakistan et une petite apprehension, nous avons donc pris la route pour le Pakistan, le 7 decembre, esperant pouvoir faire nos visas a la frontiere et traverser le pays en quelques jours pour rejoindre l'Inde sans encombres.
48h pres du Lac Karakol
Le 30 novembre, nous sommes partis de bon matin par la route du Karakorum pour le Lac Karakol, a 4h de Kashgar. Sur le chemin, les gorges du Ghez, montagnes aux couleurs fascinantes merveilleusement sculptees par le temps, offrent un spectacle des plus surprenant. Puis, apres une route sinuant a travers de gigantesques montagnes, vient un feerique plateau humide sur fond de montagnes de sables - la chaine de Kumtagh.

Encore une petite heure de route et vous atteignez le lac Karakol, situe sur un plateau a plus de 3000m d'altitude. Arrives par temps brumeux nous fumes d'abord decus par le spectacle du lac, qui ne presentait rien de bien particulier. C'est le lendemain matin, alors que le ciel s'etait degage, et que nous entreprenions le tour du lac, que nous pumes saisir toute la beaute du site. 


La veille, Vladimir et Mickael - un compagnon de voyage Irlandais rencontre a Kashgar - avaient entrepris l'ascension d'un glacier a moto puis a pied. Ils sont revenus fourbus, car a cette altitude, respirer devient tres penible et l'on s'essoufle rapidement. D'ailleurs, pendant tout le sejour pres du lac, une oppression constante sur la poitrine m'empechait de respirer a plein poumon. 

Nous passames la soiree et la nuit dans une famille Kirhize, comme il y en a beaucoup dans le Xinjiang. La maison de terre cuite comprend une seule piece ou se deploie tout le quotidien, autour d'un petit poele central. L'atmosphere est extraordinaire, surtout le soir, lorsque l'on discute a la lumiere d'une bougie, tandis que l'homme de la famille reprise une de ses bottes et que dans un coin de la piece, deux petits agneaux en sevrage tentent de passer la tete hors de leur abris en carton. Lorsque vient le moment de se coucher, on dispose les couvertures en rang d'oignon et une dizaine de personnes s'endorment, les unes a cote des autres, tandis que les agneaux belent faiblement avant de sombrer, a leur tour, dans le sommeil.

Le pendant chinois de Kashgar
Les Chinois sont tres friands de gymnastique. Dans toutes les villes chinoises vous trouverez des aires d'exercices, envahies quotidiennement par des habitants soucieux de se maintenir en bonne condition physique. Kashgar n'echappe pas a la regle. Tous les soirs, a la meme heure, a l'entree d'un grand passage commercant, des haut parleurs crachent des airs entrainants tandis qu'une foule envahit la place pour soigner son corps. A gauche, des couples de tous ages, mixtes ou non, dansent la valse et le rock, malgre des rythmes qui s'y pretent peu. A droite, on s'exerce en groupe de soixantaines, a l'aerobic. On ne peut s'empecher de s'emerveiller et de sourire beatement devant un spectacle si impromptu. Pour ma part, j'etais sous le charme.
NB: La qualite de la video est certes tres moyenne - pour cause, mon microscopique Sony peu competent - mais elle vous donne au moins une vague idee du spectacle. Sinon, l'album photos de Kashgar est enfin en ligne!
vendredi 21 décembre 2007
Kashgar
A Kashgar, nul besoin de visiter des musees, la ville en est un - vivant. C'est ici que le melange entre cultures chinoise et ouighoure est le plus eloquent. Alors que vous vous promenez dans une grande artere chinoise, voila que vous debouchez, l'instant d'apres, dans une enfilade de ruelles ou les maisons faites d'un melange de paille et de glaise, vous transportent au temps ou les negociant de la route de la Soie se refugiaient dans ces cours ombragees pour se rafraichir. Dans le dedale de la Vieille Ville, les commercants taillent, tissent, aiguisent, preparent, selon les memes techniques que devaient probablement utiliser leurs ancetres.

Mais, ici, la plus fascinante attraction reste le celebre Bazaar du Dimanche, plus grand marche d'Asie Centrale. Tous les dimanches, des l'aube, charettes, carrioles a anes, velos, et autres moyens de locomotion, envahissent la ville, la transformant alors en une gigantesque fourmilliere commercante. Sur le marche de Kashgar, on continue de trouver, comme au temps de la Route de la Soie, une myriade de choses - soieries, tapis, etranges produits d'apothicaires, volailles et chevres, poudres de teinture, ... - et l'on negocie ferme pour se les approprier. Imaginez donc: pres de 2000 ans de commerce ont su faire des habitants de Kashgar de parfaits negociants... 
Partout, on se restaure sur le pouce de galettes, oeufs durs, poissons frits, brochettes, sucreries diverses, fruits frais et, pour les plus intrepides, de tetes de chevres bouillies. Nous avons malheureusement, recule peureusement devant l'aventure culinaire... 

NB: Toujours un train de retard, voire carrement plusieurs trains. Apres 3 semaines au Pakistan, nous sommes arrives en Inde hier soir, au Penjab. Plus rien a voir avec Kashgar... ;-)
Avec nous dans le train d'Urumqi a Kashgar
jeudi 20 décembre 2007
Voyage en Kashgarie
L'exploit consistant a acheter soi-meme des billets de train fut brillament surmonte: ni le panneau scintillant de mille caracteres chinois rougeoyants, ni les interminables files d'attente, ni l'absence totale d'anglophones, ne parvinrent a entamer notre determination. Nos billets Urumqi-Kashgar furent pris pour le 25 novembre, avec un depart vers midi, heure de Beijing (Pekin) sans trop de difficulte. Je dois ici expliquer une curiosite du Xinjiang: les concepts de "Beijing Time" et "Xinjiang Time".
Si la region se trouve, en pratique, dans le meme fuseau horaire qu'Almaty, la capitale chinoise prefere ignorer cette realite et tout le pays doit se regler sur l'heure de Pekin. Les habitants du Xinjiang, se sont en quelque sorte plies a cette regle pour les horaires des administrations, gares et autres, mais ils n'en ont pas moins adopte un horaire officieux pour tout le reste - le Xinjiang time - qui retarde de 2h par rapport a Pekin. Ainsi, lorsque l'on se donne rendez-vous dans le Xinjiang, il est imperatif de s'assurer aussi que l'on parle bien du meme fuseau horaire. A chaque fois, il faut donc preciser: Beijing Time or Xinjiang Time?
Les trains chinois, s'ils semblent plus modernes que les trains russes, sont en revanche bien moins confortables. Par ailleurs, la fumee de cigarette envahit vite chaque compartiment, ce qui acheva de me rendre totalement malade. Je fis donc les 20h de trajet dans un etat lamentable, avec 39 degres de fievre, toussant comme une damnee. Les trois premiers jours a Kashgar, je dus rester confinee entre les quatre murs de la chambre d'hotel aneantie par une fievre tenace, laissant a Vladimir le soin d'organiser et de gerer le quotidien et le futur.
NB: Je suis, comme a l'accoutumee, terriblement en retard dans la mise a jour de notre blog. Voila belle lurette que nous avons quitte Kashgar pour le Pakistan par la celebre route du Karakorum. Nous sommes actuellement a Lahore, apres avoir visite successivement le Nord du Pakistan, Islamabad/Rawalpindi et Karachi.
lundi 17 décembre 2007
Au coeur de l'Asie Centrale
A tous les coins de rue, on peut se restaurer de mille choses preparees sous vos yeux. Voici un petit film de l'agile preparation de galettes de pain au sesame. Delicieuses, lorsqu'elles sortent toutes chaudes du four en terre cuite.
















